Hap et Leonard (0) : Les mécanos de Vénus, de Joe Lansdale

Publié le par Yan

les-mecanos-de-venusEnfin. Le voilà donc le tout premier épisode des aventures de Hap Collins et Leonard Pine, les deux texans de Joe R. Lansdale, que l’on attendait désespérément depuis la parution française de L’arbre à bouteilles il y a maintenant 14 ans. Ce sont les éditions Denoël, qui éditent Lansdale depuis Diable rouge, paru l’an dernier, qui ont eu cette bonne idée et l’on ne peut que saluer cette initiative qui nous permet de retourner aux sources de cette série de romans et de lever le voile sur les allusions à cette première aventure qui parsemaient  L’arbre à bouteilles et Le mambo des deux ours.

C’est dans un champ de roses de l’East Texas que l’on découvre donc Hap Collins, quadragénaire blanc, hétérosexuel, démocrate, rétif à l’autorité et qui, vingt ans plus tôt a préféré la prison au Vietnam, et son ami Leonard Pine, ancien combattant, républicain, noir et homosexuel. Entre deux séances de ball-trap et de hapjitsu, les deux potes vivent une vie tranquille jusqu’à l’arrivée, ou plutôt au retour, de Trudy, l’ex-femme de Hap, qui semble n’avoir jamais quitté les sixties et continue à militer dans divers groupuscules écolos. Accompagnée d’une bande d’anciens activistes, elle demande à Hap de l’aider à mettre la main sur le butin d’un vieux hold-up abandonné dans les marais texans. Trop sympa, encore un peu amoureux, Hap ne peut refuser ce service qui devrait tout de même lui rapporter de quoi voir venir et même arrêter son boulot merdique pendant quelques temps. Entraînant avec lui Leonard, il pénètre dans un panier de crabes bien plus dangereux qu’il ne le pensait.

Introduction à une série qui s’étale sur aujourd’hui huit romans ainsi qu’une nouvelle et deux novellas non traduites, Les mécanos de Vénus pose avant tout un décor et des personnages amenés à revenir. Pour autant, cela ne fait pas de ce roman une simple aventure anecdotique, Lansdale se plaisant déjà ici à créer des personnages secondaires à la fois noirs et déjantés, à commencer par la troupe hétéroclite d’activistes entourant Trudy, et des méchants aussi improbables qu’effrayants qui ne sont d’ailleurs pas sans rappeler ceux que l’on retrouvera plus tard dans Vanilla Ride ou Diable Rouge . Ponctués de dialogues toujours aussi incisifs, cyniques et amusants (« Tu te mets à ruminer sur le bon vieux temps et tu me sers ce genre d’autosatisfaction à la con qui pourrissait les sixties. Figure-toi que j’y étais moi aussi, mon pote ! En fait, c’est juste les années quatre-vingts, avec en prime les tee-shirts teints à la main. »), Les mécanos de Vénus vient quelque peu dynamiter le tableau que représentent les années 1960 dans l’imaginaire collectif tout en développant une intrigue linéaire attendue, certes, mais dans laquelle la tension monte régulièrement jusqu’à des derniers chapitres dans lesquels explose une violence destructrice et cathartique.

Tour de chauffe avant les romans suivants plus aboutis, avec un Leonard encore un peu en retrait et des échanges entre les personnages qui, malgré leur bonne facture, n’atteignent pas les sommets de répartie grossière et hilarante d’un Mambo des deux ours ou d’un Bad Chili, Les mécanos de Vénus n’en est pas moins un bon et efficace roman qui méritait amplement d’être enfin traduit et qui fera passer au lecteur un moment des plus agréables.

Joe Lansdale, Les mécanos de Vénus (Savage Season, 1990), Denoël, coll. Sueurs Froides, 2014. Traduit par Bernard Blanc.

Du même auteur sur ce blog : Entretien ; Du sang dans la sciure ; Les marécages ; L’arbre à bouteilles ; Le mambo des deux ours ; Bad Chili ; Tape-cul ; Tsunami mexicain ; Vanilla Ride ;  Diable rouge ; Les enfants de l'eau noire ;

Publié dans Noir américain

Commenter cet article

fuck rien 31/05/2014 21:26

yeahhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh

merci, mais je parlai de ses livres aussi sans le duo
yahhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh
mais tu devrait pas être saoul à boucau toi ? ^^

Yan 31/05/2014 22:06



Oui, si je compte bien, il y a 13 romans non traduits, à commencer par son premier.


Et non, je ne suis pas à Vieux Boucau, je ne pouvas pas y aller. Mais j'y étais il y a trois semaines.



fuck on 31/05/2014 14:19

3 ^^, j l'ai chroniqué dans le même sens, il ne manque plus que la pré quel, la rencontre entre les deux, et ils seront presque à jour pour joe r, sauf qu'il y en a des récents pas traduits^^

Yan 31/05/2014 20:21



Si je ne m'abuse, il y a seulement deux novellas et une nouvelle mettant en scène Hap et Leonard qui ne sont pas encore traduites. Le dernier roman en date, c'était Diable Rouge, paru l'an
dernier.



Tasha 29/05/2014 18:55

Absolument d'accord. Et c'est chouette de découvrir enfin le premier volume...
http://tashasbooks.blogspot.fr/2014/05/les-mecanos-de-venus-de-joe-lansdale.html

Yan 29/05/2014 20:45



Oui, c'est vraiment bien.



yossarian 29/05/2014 14:56

http://yossarianblogdotcom.wordpress.com/2014/05/27/les-mecanos-de-venus/

Itou !

Yan 29/05/2014 16:07



Ah! Nous sommes donc deux à avoir définitivement bon goût!