Hap et Leonard (6) : Vanilla Ride, de Joe Lansdale

Publié le par Yan

VANILLA-RIDEEncore une fois Hap et Leonard sont appelés à rendre service à un proche, leur ami Marvin, et, encore une fois, ce coup de main n’a pas fini de leur attirer des ennuis. En tirant la petite-fille de Marvin des griffes de la bande de dealers avec lesquels elle s’était fait la malle, les deux acolytes se mettent en effet à dos le FBI et la « Dixie Mafia », organisation criminelle des États du Vieux Sud.

« -On devrait vraiment arrêter de courir l’aventure et rester à la maison.

-Ouais, sauf que là on n’a pas vraiment le choix.

-On aurait pu aller au procès. Je ne pense pas qu’on nous aurait condamnés. Après tout, c’était de la légitime défense.

-Sauf qu’elle n’était pas très jolie, notre légitime défense.

-On est au Texas, dit Leonard.

-T’as pas tort. Bon, on dort ? »

Ainsi donc, entre deux considération sur l’expéditive justice texane ou le racisme qui continue à imprégner la société, on assiste à quelques terribles explosions de violence, on lit des chapelets d’insultes aussi long qu’un roman de Dostoïevski (mais moins élégants, il faut bien le dire, « Putain ! dit-elle. Ces fils de pute de bouffeurs de merde de saloperies de raclures de lopettes de putains de saletés de merdeux et de suceurs de bite à la con ! »[1]) et, bien entendu, on rigole face aux réparties cinglantes qui ne cessent de fuser.

Si le fil de l’intrigue et ténu, il permet aux deux héros d’enchaîner les épreuves sans temps morts jusqu’à une dernière bataille rangée digne de Fort Alamo. Incontestablement plus rythmé et mieux fichu que le décevant Tsunami mexicain, Vanilla Ride, sans atteindre des sommets, relance bien la série des aventures de Hap et Leonard en jouant la carte, comme c’est le cas depuis Bad Chili, du pur divertissement. Une lecture de plage idéale.

Joe Lansdale, Vanilla Ride (Vanilla Ride, 2009), Outside, 2010. Rééd. Folio Policier, 2012. Traduit par Bernard Blanc.

Du même auteur sur ce blog : Entretien ; Du sang dans la sciure ; Les marécages ; L’arbre à bouteilles ; Le mambo des deux ours ; Bad Chili ; Tape-cul ; Tsunami mexicain ; Diable Rouge ; Les mécanos de Vénus ; Les enfants de l'eau noire ;

 

[1] Félicitations au traducteur.

Publié dans Noir américain

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