Rétrospective Dortmunder (4) : Personne n’est parfait, de Donald Westlake

Publié le par Yan

personneparfaitIl faut bien dire que cela lui pendait au nez… Dortmunder s’est donc fait coffrer. Mais, comme chance et malchance s’annulent toujours mutuellement dans son monde, le voilà défendu par un tenor du barreau. Bien entendu, le geste n’est pas désintéressé. Pour payer sa dette, Dortmunder devra dérober un tableau à celui-là même qui l’a engagé afin d’escroquer la compagnie d’assurance. Le coup semble donc facile, mais c’est sans compter sur l’habituelle déveine de Dortmunder et de sa bande.

N’y allons pas par quatre chemins : l’intérêt essentiel de ce nouveau volume des coups foireux de Dortmunder est l’apparition de Tiny Bulcher, qui deviendra dès lors un membre permanent de l’équipe de bras cassés de Dortmunder. C’est d’ailleurs lui – et sa propension à déclencher des bagarres – qui sera en grande partie responsable des malheurs qui s’abattront sur la bande dans ce roman.

Westlake reprend ici la trame du premier volume de la série,  Pierre qui roule, à savoir un coup initial qui se transforme en une série après un premier échec. Menacé par son commanditaire d’être exécuté s’il ne lui rend pas le tableau qu’il a égaré, Dortmunder va tenter plusieurs fois de remettre la main dessus ou de trouver un stratagème pour faire croire qu’il est en sa possession. Ce seront, bien entendu, autant de ratages.

Certes, on s’amuse assez vite des mésaventures de l’équipe de Dortmunder et il est plaisant de revoir des personnages disparus depuis Pierre qui roule . Toutefois, arrive un moment – la dernière partie, en fait – ou l’on a la sensation que Westlake a fini par se laisser entrainer par l’enthousiasme qu’il semble éprouver à ses retrouvailles avec Dortmunder trois ans après ses précédentes aventures. Cela fini par devenir un peu trop répétitif, un peu trop forcé… bref un peu trop long.

On rigole, on souri et l’on prend donc un certain plaisir à cette lecture, mais on en ressort aussi un peu frustré et déçu de ne pas s’être autant amusé dans cette ultime partie qui apparait de trop et tend à alourdir l’ensemble et que l’on a un peu de mal à digérer.

Donald Westlake, Personne n’est parfait (Nobody’s Perfect, 1977), Rivages/Noir, 2007. Traduit par Henri Collard (traduction révisée et complétée par Patricia Christian). Première traduction française par Gallimard, Coll. Super Noire (La joyeuse magouille, 1978).

 

Dans la série Dortmunder sur ce blog : Pierre qui roule ; Comment voler une banque ; Jimmy the kid ; Pourquoi moi? ; Dégâts des eaux ; Histoire d'os ;  Au pire qu'est-ce qu'on risque? Mauvaises nouvelles ;  Voleurs à la douzaine Les sentiers du désastre ; Surveille tes arrières ; Et vous trouvez ça drôle? ; Top Réalité.  

Publié dans Noir américain

Commenter cet article

christophe 15/11/2012 17:43

wwwwaaaaaaaaa, comment il est dur est exigeant - mais quand on aime on demande beaucoup me rétorquera-t-il...
j'aime le moment (ne disons rien pour ceux qui ne l'auraient pas lu) où ça foire avec le tableau !

Yan 15/11/2012 18:12



Il faut toujours exiger le meilleur des auteurs que l'on aime, même si ça nous fait mal. Oui, il y a plein de bons moments. Le procès au début est excellent aussi... mais la fin est longue.