Cinglés !, d’Elmore Leonard

Publié le par Yan

cinglésTiens, un nouvel inédit d’Elmore Leonard. Si l’on en croit sa bibliographie, ce devrait être le dernier… mais ne préjugeons de rien.

Cinglés ! est donc initialement paru en 1969 aux États-Unis sous le titre The Big Bounce. Surtout, coincé entre Hombre et La guerre du whisky, il s’agit du premier roman noir d’Elmore Leonard. Bien entendu, s’il n’avait jamais été publié jusqu’alors, c’est peut-être aussi parce que c’est loin d’être le meilleur – ce qui n’a pas empêché, nous dit l’éditeur en quatrième de couverture, qu’il soit adapté par deux fois au cinéma ; une première l’année de sa parution (Une si belle garce, 1969, d’Alex March, avec Ryan O’Neal et Leigh Taylor-Young) et une seconde en 2004 (La grande arnaque, de George Armitage, avec Owen Wilson et Sara Foster) avec à chaque fois un succès que l’on qualifiera pudiquement de « mitigé »[1]. Quoi qu’il en soit, cet inédit que publie Rivages vient au moins satisfaire les inconditionnels dans mon genre et s’il est donc loin d’être le meilleur roman d’Elmore Leonard, se révèle tout de même d’une lecture agréable.

De fait on trouve là les ingrédients qui font le sel des romans de Leonard : quelques durs prompts à se battre, un héros mauvais garçon très cool, une héroïne manipulatrice en diable et des dialogues percutants. Si l’intrigue tient sur un post-it (un petit voyou se fait embaucher dans un motel et se laisse charmer par une fille qui s’ennuie et aime manipuler les hommes), le roman se tient grâce à l’intelligence avec laquelle Elmore Leonard crée ses personnages, leur confère une véritable épaisseur sans avoir l’air d’y toucher, par le biais de petites anecdotes et de dialogues faussement sibyllins ou qui, au contraire, font mouche.

Du coup, malgré le côté finalement très rudimentaire de l’histoire, on se laisse facilement embarquer et c’est avec plaisir que l’on suit les personnages hauts en couleurs de Cinglés !, titre un peu tape-à-l’œil mais pas usurpé. Une lecture sympathique et vite pliée, loin d’être inoubliable mais pas dénuée de charme.

Elmore Leonard, Cinglés ! (The Big Bounce, 1969), Rivages/Noir, 2014. Traduit par Élie Robert-Nicoud.

Du même auteur sur ce blog : La guerre du whisky ; Punch Créole ; Connivence avec l’ennemi ; Djibouti, Permis de chasse ; Raylan ;

 

[1] Wikipédia nous indique notamment que La grande arnaque à coûté 50 millions de dollars et en a rapporté un peu plus de 6 au box-office américain

Publié dans Noir américain

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