Mission confidentielle, de Lee Child

Publié le par Yan

Pour cette seizième aventure de Jack Reacher, l’homme capable de faire d’une brosse à dent une arme de destruction massive, Lee Child choisit de revenir sur les origines de Reacher, de montrer comment son héros est devenu l’homme sans attaches qui traverse les États-Unis pour protéger la veuve et l’orphelin à grands coups de tatanes.

Ce genre de prequel, n’est généralement pas de très bon augure et peut apparaître comme une certaine incapacité de l’auteur à se renouveler. Mais enfin, bon, Lee Child se renouvelle-t-il vraiment depuis ses tous premiers romans, de toute façon ? Et est-ce là ce que son lecteur attend ? Voilà des questions qui méritent d’être posées. En gros, ce que l’on attend d’une aventure de Jack Reacher, ce sont ces dialogues surréalistes de série Z et les bagarres à la Jean-Claude Van Damme qui vont avec :

« -Donne-moi une seule raison de ne pas descendre du pick-up pour te botter le cul ?

-Deux-cent six plutôt, répondis-je.

-Quoi ?

-C’est le nombre d’os que tu as dans le corps. »

Et dans cet épisode qui voit Reacher enquêter pour le compte de l’armée dans une petite ville du Mississippi ou un crime dont un soldat pourrait être coupable a été commis, on est plutôt bien servi de ce côté-là.

Le problème toutefois, c’est que Lee Child semble s’être engagé dans son roman sans trop d’idées. Il ressert donc les ingrédients habituels – bagarre, enquête, fausse piste, complot et un peu de sexe – de manière mécanique et surtout, avec une fâcheuse tendance à tirer à la ligne. Les quelques clins d’œil faits à des aventures ultérieures sont amusants, les observations de Reacher et sa formidable capacité de déduction restent plaisantes, les scènes d’actions conservent cet aspect tellement sérieux qu’elles en deviennent franchement rigolotes, mais on se prend vite à sauter quelques passages dans lesquels Child aligne les descriptions longuettes des moindres actions de son héros et, au final, on finit par arriver à la fin du livre avec un certain soulagement. Un opus à réserver aux fans hardcore.

Lee Child, Mission confidentielle (The Affair, 2011), Calmann-Lévy, 2015. Traduit par Elsa Maggion, 394 p.

Du même auteur sur ce blog : La faute à pas de chance ; Carmen à mort ; 61 heures ; Du fond de l’abîme ; Les caves de la Maison Blanche ; La cause était belle ; L'espoir fait vivre ;

Publié dans Noir britannique

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