Carmen à mort, de Lee Child

Publié le par Yan

carmen-a-mort---les-enquetes-de-jack-reacher-11387-250-400Jack Reacher, ancien policier militaire en rupture de ban erre à travers les États-Unis avec la seule possession matérielle à laquelle il soit un tant soit peu attaché : sa brosse à dents pliable. Après un léger problème dans un bar texan – Jack Reacher à le malheur de toujours tomber sur des gens agressifs bien décidés à s’en prendre à un type de plus d’un mètre quatre-vingts dix et de plus de cent vingt kilos de muscles (oui, on parle bien du Jack Reacher dorénavant interprété au cinéma par… Tom Cruise) – il se trouve obligé de quitter précipitamment les lieux et se fait prendre en stop par une jeune femme. Celle-ci, ni une ni deux, lui propose de tuer son époux qui va bientôt sortir de prison et donc recommencer à la battre comme plâtre. Reacher, qui a encore une once de sens moral, refuse de devenir tueur à gages, mais accepter de rester un peu histoire d’expliquer au mari violent les règles de la bienséance. Mais, très vite, il va s’apercevoir qu’il est tombé dans un véritable panier de crabes et que la vérité est autrement plus complexe (et, accessoirement, bien peu crédible).

On retrouve donc les ingrédients de base du thriller testostéroné (testostéroïnisé ?) : Reacher, des méchants, des flingues. Et c’est parti pour un peu plus de quatre cents pages.

Osera-t-on le dire ? On y prend un certain plaisir. Un peu comme lorsque l’on regardait un épisode de l’Agence Tous Risques. Reacher, c’est Hannibal Smith, Barracuda et Futé réunis dans un seul personnage. Les seules différences sont l’absence de Looping (même si Child sait user d’un second degré bienvenu) et le fait que là les méchants meurent.

On pourrait bien sûr se donner bonne conscience en disant qu’à travers ce roman Lee Child (qui est britannique) nous parle du terrible scandale des chasses aux immigrés clandestins organisées par les ranchers dégénérés et ultraprotectionnistes qui vivent sur la frontière et de l’iniquité de la justice texane ; il le fait d’ailleurs, même si c’est plutôt rapide, mais on doit bien dire que ce n’est pas pour ça que l’on lit ce genre de roman. Il s’agit juste d’un aimable défouloir, très efficace, écrit correctement et avec une intrigue tirée par les cheveux mais dont on se fiche un peu. Bref, pas la grande littérature, rien qui ne sera oublié quelques jours plus tard, mais de quoi passer un bon moment sans réfléchir.

Lee Child, Carmen à mort (Echo Burning, 2001), Ramsay, 2004. Rééd. Pocket, 2006. Traduit par Daniel Roche.

Du même auteur sur ce blog : La faute à pas de chance ; 61 heures ; Du fond de l'abîme ; La cause était belle ; Mission confidentielle ; L'espoir fait vivre ;

la fiche bibliométrique de Lee Child, c'est par .

Publié dans Noir britannique

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Mickaël 03/03/2013 11:27

Si vous avez 300 livres qui attendent, en effet ! Votre analyse est très interessante. En autopublication, je note aussi deux défauts. L'absence de re-lecture sérieuse du tapuscrit et une fin
souvent précipitée. Comme vous le dîtes très justement, il y a aussi de bonnes surprises. Je me souviens du livre d'alexandre Dumas "la reine Margot". C'est à mon goût le bouquin le plus indigeste
que j'ai lu jusqu'à aujourd'hui. Comme quoi...

Marie 03/03/2013 10:50

Je ne suis pas pour ma part une très grande fan de Jack Reacher. Lee Child semble très sympa (rencontre aux Quais du polar), j'en regrette de ne pas apprécier davantage ses livres. Jack Reacher est
trop grand, trop bon combattant, trop intelligent, trop "couillu", trop quoi... Que tom Cruise interprète son rôle m'a bien fait rigoler.
Lee Child est un peu du McDo, vite ingurgité, sans souvenir impérissable. Ceci dit c'est quand même un page turner, parfait pour l'été au bord de la piscine quand on a un oeil sur la gosse mais
qu'on veut se détendre...

Yan 03/03/2013 12:35



Vous avez tout dit. C'est un très bon page turner, un truc qui se mange sans faim et qui est vite oublié. Mais ça fait parfois du bien.



Helene 02/03/2013 19:09

bonsoir Yan, celui ci fera l'affaire pour les vacances au mois d'Aout... je le mettrai dans ma valise et vous en recauserai ! a bientot !

Yan 02/03/2013 19:27



À bientôt!



Mickaël 02/03/2013 16:31

Je constate que tous les polars que vous lisez, proviennent de maisons d'édition qui publient à compte d'éditeur. Et si vous testiez des auteurs de polars autopubliés sur des sites comme Lulu ou
thebookedition?

Yan 02/03/2013 18:27



C'est un choix. D'abord parce que je lis ce qui m'attire de prime abord sur l'étal de mon libraire ainsi que quelques services de presse que l'on m'envoie, et que j'ai toujours deux ou trois
cents bouquins qui m'attendent sur mes étagères ou dans mes cartons. Ensuite parce que si les auteurs publiés dans des maisons d'éditions supportent parfois mal la critique, ceux qui sont
autoédités (j'en ai fait l'expérience parfois) la prenne souvent encore plus mal. Du coup, j'ai tendance à estimer que les maisons d'édition ont fait un premier tri. Nul doute qu'ils laissent
sans doute passer à travers les mailles de leurs filets des génies et qu'ils attrapent parfois des auteurs bien médiocres, mais bon...