Mort à tous les étages, de Duane Swierczynski

Publié le par Yan

Une société quelconque en apparence a convié ses managers à une réunion un samedi matin dans un gratte-ciel de Philadelphie. Au moment où tout le monde est réuni, David, le patron, donne le choix aux employés : boire un cocktail empoisonné qui leur offrira une mort douce, ou prendre une balle dans la tête. Impossible de fuir, toutes les issues de secours du 36ème étage où ils se trouvent sont condamnées par un système de sécurité bien particulier puisque l’ouverture d’une porte entraine la propulsion dans l’air de gaz sarin. C’est sans compter sur Molly, l’employée modèle, qui sort une arme en premier et abat David. Car l’entreprise n’est pas ce qu’elle paraît être mais un nid d’espion truffé de caméras. À l’autre bout du monde, les véritables patrons sont rivés à leurs écrans pour voir Molly se lancer dans l’entretien d’embauche le plus sauvagement libéral du monde.

Quand un nouveau roman de Duane Swierczynski est publié, on s’attend à tout sauf à ce que l’on va vraiment y trouver et c’est encore le cas avec Mort à tous les étages. Jeu de massacre jubilatoire et totalement échevelé, le roman de l’auteur américain au nom le plus compliqué à écrire tient bien moins du roman d’espionnage ou du thriller que du comics déjanté et ultraviolent – un genre que Swierczynski connaît bien pour être scénariste pour Marvel Comics. On est clairement plus proche de Frank Miller que de John Le Carré,  pour dire les choses simplement.

Si les scènes de torture, d’amputations et de bastons entre femmes en sous-vêtements  s’enchaînent à un rythme effréné, tout cela est toujours fait avec un deuxième degré salvateur sur un scénario aussi mince que débile. Et c’est justement pour cela que ça fonctionne. Étrange alchimie qui fait de ce roman atypique ponctué d’illustrations pulp un pur moment de joie régressive. Que c’est bon, parfois.

Duane Swierczynski, Mort à tous les étages (Severance package, 2008), Rivages/Noir, 2015. Traduit par Sophie Aslanides. 315 p.  

Publié dans Noir américain, Espionnage

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