Vent froid, de C. J. Box

Publié le par Yan

J’ai lu tous les romans de C. J. Box. C’est donc certainement que j’aime ça. Mais je dois bien admettre que depuis un petit moment déjà je trouve une fois sur deux (au moins…) que la production du cowboy du Wyoming n’est pas franchement terrible. Et justement, j’avais été un peu moins déçu par le précédent roman de Box, Fin de course. C’est donc sans surprise – mais malgré un secret espoir – que Vent froid m’a dépité.

Passons vite sur l’histoire qui, de toute façon, ne casse pas trois pattes à un canard. Joe Pickett, le garde-chasse patrouille un beau matin dans les vertes prairies du Wyoming quand son regard est attiré par des chasseurs au comportement étrange. De fait, les deux hommes semblent fascinés par une éolienne. Rien d’étonnant en fait, puisqu’un cadavre tourne à vitesse grand V, accroché à une pale. La surprise pour Joe, c’est que le type qui fait des ronds dans le ciel n’est autre que le cinquième mari de sa belle-mère et que cette dernière est bien vite accusée du meurtre par les autorités locales. Charge à Joe Pickett d’essayer d’innocenter la mère de sa femme même s’il lui voue une haine tenace.

Du côté de l’enquête, toutes les grosses ficelles sont là : études de scènes de crimes, scènes de prétoires avec un avocat superstar face à un juge acrimonieux qui n’attend que d’envoyer l’accusée en taule pour pouvoir aller chasser tranquillement, une pointe de thriller et des rebondissements multiples. Au moins la fin n’est pas ultra prévisible… mais le problème avec la fin en question, c’est qu’on s’en fiche un peu.

Si l’on suit Joe Pickett avec encore un peu d’intérêt, on ne peut pas non plus dire qu’on le fasse avec grand enthousiasme, d’autant que C. J. Box veut tellement en faire sur la relation tumultueuse entre son héros et sa belle-mère et, surtout, sur la formidable rectitude morale de Pickett, que le personnage en vient à s’énerver lui-même lorsqu’il s’adonne à quelques moments d’introspection.

Box flirte dangereusement depuis quelques romans avec l’autocaricature ; il finit ici par y sauter à pieds joints. C’est parfois amusant, mais Box n’en finit pas de tourner en rond et cela finit surtout par rendre l’ensemble bien fade.

C. J. Box, Vent froid (Cold Wind, 2011), Calmann-Lévy, 2014. Rééd. Points Policier, 2015. Traduit par Aline Weill. 469 p.

Du même auteur sur ce blog : Détonations rapprochées ; Le prédateur ; Fin de course ;

Publié dans Noir américain

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catherine 27/11/2015 22:59

On est tellement sentimentalement accroché à Détonations rapprochées qu'on ne ne veut pas se résoudre à admettre que les suivants sentent le fabriqué à la sauce thriller; je ne lirai donc pas celui-là. merci pour l'économie.