Mako, de Laurent Guillaume

Publié le par Yan

Mako-copie-1.jpgPremier roman de Laurent Guillaume, Mako met en scène une brigade de la BAC et plus particulièrement le personnage qui donne son nom au livre, Mako, policier brutal blanchi sous le harnais pour lequel une affaire de viol va tourner à l’obsession au point, peut-être, d’en perdre la raison.

Il y a certainement beaucoup de l’auteur dans ce livre. Moins bien entendu dans le personnage principal, sorte d’incarnation du héros prêt à tout subir et à tout faire subir pour voir la justice telle qu’il l’envisage triompher, que dans la description du quotidien de cet équipage de la Brigade anti-criminalité. Policier lui-même, Guillaume, s’il a bien entendu la tentation de trouver mille explications au comportement de ses personnages, n’élude pas pour autant les questions qui fâchent : les petits arrangements du quotidien avec les voyous ou les prostituées auxquelles on n’hésite parfois pas à demander une faveur, les addictions, le racisme ambiant et, d’une manière générale, une philosophie du chacun pour soi au sein de la police dès que l’on s’extrait du petit groupe habitué à travailler ensemble.

C’est avant tout dans cette peinture que tient l’intérêt principal de Mako ; la traque du héros étant avant tout destinée à servir de fil rouge, de catalyseur de la folie de Mako et, partant, de prétexte à parler de tout ce qui peut tourner autour. 

Si l’écriture de Laurent Guillaume dans ce premier roman souffre parfois d’afféteries inutiles, elle n’en demeure pas moins efficace et c’est avec habileté qu’il tire son intrigue… Jusqu’à une fin malheureusement décevante, pour ne pas dire ratée, qui tombe un peu comme un cheveu sur la soupe et qui, en fin de compte, laisse transparaître les imperfections de jeune auteur bien gommées jusque là.

Page-turner efficace, Mako est le genre de livre dont les défauts sont atténués par le fait que l’auteur sait dès le début attraper son lecteur pour peu que celui-ci ne recherche pas plus qu’un polar destiné à le distraire. Pas indispensable mais pas indigne non plus ; une lecture de vacances.

Laurent Guillaume, Mako, Le Livre de Poche, 2010.

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Publié dans Noir français

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