Le matériel du tueur, de Gianni Biondillo

Publié le par Yan

materiel-tueur-1349901-616x0Haile, immigré érythréen et petit délinquant est libéré de prison par un commando jusqu’aux dents. Problème : si les gardiens qui accompagnaient Hailé dans un fourgon cellulaire en direction de l’hôpital sont restés sur le carreau, c’est aussi le cas de plusieurs des attaquants qui ont apparemment été mis hors d’état de nuire par celui-là même qu’ils venaient libérer ou par un autre complice. Dès lors se pose la question de savoir qui est ce tueur méthodique et entraîné qui se dissimulait sous l’apparence du simple petit criminel. C’est là le travail de la commissaire Rinaldi et de l’inspecteur Ferraro qui vont traquer l’évadé des rues de Milan jusqu’au sud de la Botte.

En suivant le parcours de ce tueur, du désert érythréen à l’Italie en passant par la Libye et, parallèlement, celui des policiers qui le poursuivent, Gianni Biondillo, comme il l’a lui-même expliqué lors du festival Toulouse Polars du Sud, dresse un portrait sans fard des filières de l’immigration et de la mafia qui les gère mais aussi une sorte d’anti-guide touristique de l’Italie. Une trame qui pour autant ne prend jamais le pas sur l’étude des personnages et de leurs relations complexes car, bien entendu, derrière tout cela, au cœur de tout cela, il y des hommes et des femmes avec des motivations diverses, voire divergentes, y compris du côté des enquêteurs.

Cela donne en fin de compte un road-trip assez décalé servi par une écriture alerte au service d’un récit particulièrement bien construit. Et si la résolution d’une partie des affaires que l’on suit en parallèle par le truchement d’un étrange policier tenant du génie un peu fou peut apparaître un peu trop artificielle ou tirée par les cheveux, il n’en demeure pas moins que même une fois la lecture terminée, le roman continue de faire son chemin dans l’esprit du lecteur. Bref, un roman qui divertit tout en donnant à penser. Un bon livre.

Gianni Biondillo, Le matériel du tueur (I materiali dell killer, 2011), Métailié Noir, 2013. Traduit par Serge Quadruppani.

Publié dans Noir italien

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christophe 20/10/2014 22:32

Exactement !
Belle plume, beau développement, belle découverte...

Yan 25/10/2014 14:48



Oui, très sympa. Du coup, il n'y a plus qu'à attendre la suite.