San Pedro la nuit, Joseph Wambaugh

Publié le par Yan

san pedro la nuitAvec ce cinquième volet de la nouvelle série initiée en 2006 autour du commissariat d’Hollywood et plus particulièrement des équipes de nuit, renouant ainsi avec les histoires de flics qui avaient fait son succès, Wambaugh aborde un nouvel espace de la Cité des Anges. Après le quotidien sur Hollywood boulevard, les patrouilles censées faciliter les relations entre la police et les citoyens, la vie des quartiers riches et les galères des laissés pour compte, place au quartier du port de San Pedro, aux tensions mais aussi aux fraternisations entre ethnies.

Délaissant quelque peu les anecdotes auxquelles il nous a habitués – même si l’on a droit au désormais passage obligé des embrouilles entre super héros sur le boulevard – Wambaugh se concentre presque exclusivement sur une histoire. Celle de la rencontre entre Dinko, jeune docker d’origine croate voyant d’un mauvais œil la « mexicanisation » de son quartier et de Lita Melinda, immigrée clandestine mexicaine qu’il tente de soustraire à un gang de proxénètes tenu par un soi-disant russe et un coréen.

Wambaugh, qui avec l’âge semble devenir de plus en plus sentimental, axe donc son récit sur cette bluette dont on soupçonne qu’elle risque d’avoir une issue tragique. Car le sentimentalisme chez Wambaugh n’est pas synonyme de niaiserie et ne se coupe pas d’une triste réalité : dans le milieu où évolue Lita, non seulement on croise peu de prix Nobel mais, de plus, chacun est prêt pour quelques dollars à mettre un mouchoir sur le peu de conscience qu’il peut encore posséder. Ainsi voit-on parallèlement à l’éclosion d’une belle histoire d’amour se mettre en place un engrenage mortifère sur lequel les flics ont constamment un temps de retard.

Surtout Wambaugh fait ce qu’il sait faire et qui n’est pas donné à tout le monde : raconter des histoires. Rien d’extraordinaire, des faits divers qui tiendraient peut-être cinq lignes dans la rubrique des chiens écrasés mais auxquels, par la grâce de son humour et de ses talents de conteur, il donne une autre dimension, peignant roman après roman, avec une profonde empathie, un tableau réaliste des dessous baroques de la Cité des Anges.

Joseph Wambaugh, San Pedro la nuit (Harbor Nocturne, 2012), Calmann-Lévy, coll. Robert Pépin présente, 2013. Traduit par Elsa Maggion.

Du même auteur sur ce blog :  Bienvenue à Hollywood ;  Soleils noirs ;  Le crépuscule des flics.

Publié dans Noir américain

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la pute 01/11/2013 09:05

bon bah, il trone non sur le, mais sur une petite ville, merci de tchro, je vais me le faire
yeahhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh
atchoummmmmmmmmmmmmm
putain de temps, take care

Yan 01/11/2013 12:51



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