Soleils noirs, de Joseph Wambaugh

Publié le par Yan

soleils noirsAu début des années 1980, entre deux cuites à « La maison des souffrances », leur bar de ralliement, les flics de la Rampart division sillonnent les rues du quartier pour, faute de maintenir l’ordre, au moins limiter le désordre. Ce n’est pas toujours facile dans une ville peuplée d’un nombre assez imposant de tarés dont une bonne partie est d’ailleurs constituée de policiers, à l’image de l’immense Tchèque habité par une envie tenace d’exécuter les suspects ou de Hans, le policier de la brigade canine victime de mimétisme et qui devient, à l’image de son fidèle rottweiler Ludwig, éjaculateur précoce. Et pendant ce temps, même si l’époque se veut être celle de la Détente, l’inspecteur Mario Villalobos, d’origine galloise, traque le tueur d’une prostituée dont il soupçonne qu’il pourrait être un espion russe.

C’est donc à du Wambaugh pur jus que l’on a droit dans Soleils noirs. À savoir des anecdotes du quotidien des flic du LAPD, sortes de créatures issues de quelque mythologie païenne, dont les histoires tragiques ou comiques relèvent de la chanson de geste loufoque, qui viennent se greffer habilement sur un fil conducteur constitué par une enquête qui tranche quelque peu avec la routine – pour peu que l’on puisse vraiment parler de routine.

Tentatives d’assassinats sur des suspects, repas à l’œil dans les restos du coin, poursuites épiques, massages cardiaques mortels, mais aussi misogynie, alcoolisme, dépressions et horreur au quotidien se succèdent donc tout au longs de 250 pages sans rupture de rythme. C’est que Wambaugh sait manier l’humour noir comme personne et est un excellent conteur. Et s’il éprouve de toute évidence de l’empathie pour les flics qu’il décrit, il n’élude pas la bêtise crasse d’une grande partie de ces personnages qui ne se différencient souvent des délinquants bas du front qu’ils pourchassent que par le fait qu’ils portent un uniforme.

Enlevé, trépidant, parfois dur et souvent hilarant, Soleils noirs n’a pas vieilli et apparaît sans doute – car je n’ai pas tout lu de lui – comme l’un des meilleurs romans de Wambaugh.

Joseph Wambaugh, Soleils noirs (The Delta Star, 1983), Presses de la Cité, 1984. Rééd. Livre de Poche, 1989. Traduit par Jacques Martinache.

Du même auteur sur ce blog : Bienvenue à Hollywood ; Le crépuscule des flics ;   

Publié dans Noir américain

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gridou 09/11/2012 20:28

ou en bibli...au fin fond de la réserve!

Yan 09/11/2012 23:30



C'est possible, en effet.



gridou 09/11/2012 10:18

Je ne connais pas du tout cet auteur mais c'est le genre de bouquin qui me plairait surement...Je note.

Yan 09/11/2012 10:59



Laisse-toi tenter, tu ne le regrettera pas. Ses vieux romans comme celui-ci ne sont plus disponibles que d'occasion, mais certains de ses derniers sont dispo en Points Policier.



jean dewilde 05/11/2012 11:42

Bonjour Yan,

Rien lu de cet auteur dont j'ai pourtant un roman dans ma bibliothèque "Un corbeau à Hollywood". Ta chronique m'a donné l'envie de le sortir. Voilà, c'est fait...Amitiés.

Yan 05/11/2012 12:07



Bonne lecture alors, tu m'en diras des nouvelles.