Bienvenue à Hollywood, de Joseph Wambaugh

Publié le par Yan

bienvenueahollywood.jpgC’est donc reparti pour un tour avec les personnages habituels du commissariat d’Hollywood : le Bris et le Débris, les deux flics surfeurs, Hollywood Nate le flic syndiqué à la Screen Actors Guild, et d’autres encore. Et puis, bien entendu, il y a quelques malfrats, minables bien sûr, qui suivent des trajectoires que les hasards de la vie et la folie d’Hollywood vont faire se croiser sur fond d’addiction aux métamphétamines et de vol d’œuvres d’art.

Un Wambaugh sans surprises donc pour ceux qui connaissent déjà l’auteur, et en particulier ceux qui l’ont découvert sur le tard avec cette série consacrée au commissariat d’Hollywood. Tous les ingrédients sont réunis : une intrigue principale qui sert de colonne vertébrale et sur laquelle tous les personnages vont venir se greffer à un moment ou un autre et une multitude de scènes plus ou moins tragiques ou comiques qui nous présentent Hollywood au ras du bitume, entre les quartiers à touristes, les richissimes villas d’Hollywood Hills ou les quartiers de l’Est plus ou moins tenus par les gangs : femmes battues, clochards ivrognes déguisés en vedettes de cinéma, skinhead monstrueux refusant d’abandonner sa pompe à pénis, galeriste au bord de la faillite ou cycliste avec tongs et sans selle.

Bref, un échantillon d’humanité échoué aux marges de l’industrie du rêve et plus ou moins surveillé par des flics résignés à se contenter de limiter un peu la casse, faute de mieux, parce que, comme cela est dit est redit, « C’est à Hollywood qu’on est, bordel ! ».

On retrouve Wambaugh comme on retrouve une vieille paire de pantoufles, ce n’est pas forcément de la haute-couture, mais on est drôlement bien dedans. Ceux qui ne supportent pas les histoires de flics passeront. Ceux qui aiment à se régaler d’anecdotes délirantes et qui aiment à voir mis en scène ceux que l’on ne voit jamais dans les romans parce qu’ils ont généralement trop peu d’envergure y prendront sans doute beaucoup de plaisir. Ceux qui aiment déjà la série de Wambaugh sur le commissariat d’Hollywood, reliront plus ou moins le même roman pour la quatrième fois. C’est justement pour cela qu’ils le reliront : une mécanique à l’immuabilité confortable, pour ainsi dire sécurisante, une lecture plaisante.

Joseph Wambaugh, Bienvenue à Hollywood (Hollywood Hills, 2010), Calmann-Lévy, 2011. Traduit par Elsa Maggion.

Du même auteur sur ce blog : Soleils noirs ; Le crépuscule des flics ;

Publié dans Noir américain

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