La maison Wolfe, de James Carlos Blake

Publié le par Yan

James Carlos Blake n’est jamais aussi bon que quand il se penche sur le passé guerrier ou criminel de ses deux pays d’origine, le Mexique et les États-Unis. Avec La maison Wolfe, suite de la saga familiale des Wolfe que nous avons découvert avec La loi des Wolfe il y a quelques années, il choisit une fois encore de s’ancrer dans le présent et c’est un peu dommage. Si le volume précédent se révélait surprenant par ce choix de revenir de nos jours mais néanmoins intense, la surprise n’est plus là avec cette Maison Wolfe qui reprend la construction de La loi des Wolfe.

Confrontés à l’enlèvement de l’une des leurs lors d’un mariage organisé par deux riches familles de Mexico, les Wolfe jouent contre la montre pour tenter de la libérer avant qu’il ne soit trop tard et pour châtier les ravisseurs, coupables sans le savoir de s’en être pris à une organisation criminelle extrêmement puissante.

James Carlos Blake, une fois encore, joue des changements de points de vue, passe d’un personnage à l’autre dans des chapitres extrêmement ramassés et qui privilégient l’action pure. Il dresse au passage quelques portraits de méchants très gratinés et développe un très intéressant personnage féminin – Jessie Wolfe, celle-là même qui est enlevée – qui ne s’en laisse pas conter et qui semble, à en croire plusieurs allusions faites ici et dans le roman précédent, tenir son caractère combattif de la matriarche de la maisonnée. Et l’on pourra donc regretter au passage que le premier volume de cette saga, Country of the Bad Wolfes, qui prend place entre le 19ème et le début du 20ème siècle et conte l’ascension de la famille Wolfe n’ait pas été traduit. Peut-être cela aurait-il permis de donner une plus grande cohérence à l’ensemble.

Reste donc un page turner efficace, doté de quelques scènes d’action de haute volée, et de quelques visions apocalyptiques des décharges géantes des franges de Mexico City, mais pas grand-chose de plus à se mettre sous la dent. James Carlos Blake est assez bon pour que cela se laisse lire avec plaisir, mais après La loi des Wolfe, qui obéissait au même schéma, on pouvait s’attendre à ce que l’auteur fouille un peu plus les personnages présentés et donne plus de souffle à sa saga. Il fait ici le service minimum, ce qui lui permet de se placer au-dessus de la mêlée des auteurs de polars d’action, mais assez loin des livres épiques auxquels il nous a habitués.

James Carlos Blake, La maison Wolfe (The House of Wolfe, 2015), Rivages/Thriller, 2017. Traduit par Emmanuel Pailler. 312 p.

Du même auteur sur ce blog : Crépuscule sanglant ; Red Grass River ; La loi des Wolfe ;

Publié dans Noir américain

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