13 heures, de Deon Meyer

Publié le par Yan

9782757823040.jpgLe Cap, 5 h 36, une jeune fille court, poursuivie par une bande de tueurs. Son amie gît déjà quelques centaines de mètres plus loin. C’est l’inspecteur Benny Griessel qui va devoir suivre cette affaire. Moins de deux heures plus tard, il est aussi chargé d’enquêter sur le meurtre d’un producteur de disques.

En l’espace de 13 heures, Griessel et ses collègues vont devoir essayer de résoudre deux meurtres et de sauver une femme. 13 heures. Presque rien. Assez cependant pour que tout puisse déraper, assez pour vivre un long cauchemar.

Deon Meyer est, avec Louis-Ferdinand Despreez, un des auteurs sud-africains actuels les plus connus. Ses romans précédents ont été unanimement salués par la critique. Ajoutant au suspens une critique sociale sans concession de son pays, Deon Meyer leur donne en effet une épaisseur remarquable.

Ce sont des ingrédients que l’on retrouve dans 13 heures. Le suspense bien sûr dans cette intrigue resserrée. De plus, Deon Meyer, une fois encore, s’attarde sur la place de ses personnages de flics dans la société post-apartheid. Une société où les tensions raciales existent encore entre métis qui ne trouvent pas leur place, noirs qui n’arrivent pas toujours à s’imposer et blancs déboussolés. Une situation encore plus difficile sans doute pour les femmes dans une société encore très machiste comme le montre le portrait de Mbali Kaleni.

Néanmoins, si la recette reste la même dans l’ensemble, la proportion des ingrédients change. Ici, le suspense prend résolument le pas sur le portrait de la société sud-africaine. Du même coup, le livre perd de la profondeur à laquelle l’auteur nous a habitué, ce qui peut s’avérer un peu décevant.

Mais Deon Meyer maîtrise les codes du thriller à merveille et rend son récit haletant à travers des chapitres courts qui nous empêchent de refermer le livre sans avoir pu savoir ce qui va se passer dans les pages suivantes. C’est de ce point de vue une réussite incontestable.

Un Deon Meyer mineur, donc, mais accrocheur et toujours très plaisant.

Deon Meyer, 13 heures, Seuil Policiers, 2010. Rééd. Points Policier, 2011. Traduit par Estelle Roudet.

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Publié dans Noir africain

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