7 jours, de Deon Meyer

Publié le par Yan

7joursLa police du Cap est confrontée à un sniper décidé à abattre un policier par jour tant que l’enquête sur la mort de la jeune avocate d’affaires Hanneke Sloet n’aura pas été rouverte. Alors que Mbali Kaleni, se lance à la poursuite du tueur, c’est à Benny Griessel qu’est confiée l’enquête sur la mort de Sloet.

Un an après l’ambitieux – et inégal – À la trace, Deon Meyer retrouve donc Kaleni et Griessel, personnages qu’il avait creusés précédemment dans 13 heures . C’est encore dans une intrigue resserrée dans le temps qu’il décide de les faire évoluer sans cependant chercher cette fois à verser dans le thriller, si ce n’est dans quelques derniers chapitres qui voient le rythme s’emballer très sensiblement.

Roman d’enquête de facture classique, 7 jours, publié quatre ans après  13 heures, s’intéresse moins aux relations interethniques de la nation arc-en-ciel qui étaient au centre de ce dernier, qu’aux problèmes de corruption et aux dérives des affairistes, nous donnant par ailleurs à voir – même de manière anecdotique – l’arrivée sur un marché africain à conquérir des puissances émergentes que sont la Chine et la Russie. Surtout, ce nouveau roman de Deon Meyer continue à creuser le personnage de Benny Griessel, alcoolique soumis aux affres de l’abstinence, amoureux d’une autre alcoolique et souffrant par ailleurs de sa difficulté à faire son travail dans un monde entièrement connecté vis-à-vis duquel il apparait totalement en décalage.

Située quasi intégralement dans la métropole du Cap et dans des milieux d’affaires policés, l’action est bien moins exotique que celle des précédents romans de Deon Meyer (et la traduction – et peut-être aussi la version originale – peine un peu à rendre palpable l’étonnante difficulté de communication existant entre des policiers et/ou des témoins ne maîtrisant pas de manière égale les différentes langues officielles). Elle n’en est pas moins efficace et l’intrigue, comme de coutume, et tirée au cordeau par un auteur rompu à ce genre de mise en scène mêlant suspense et fausses pistes.

Il en ressort un roman plaisant sans être exceptionnel, une sorte de procedural vitaminé, et qui ressemble surtout à un épisode transitoire destiné à donner encore un peu d’épaisseur à un Benny Griessel et une Mbali Kaleni que l’on devrait sans doute être amené à revoir. Une bonne lecture de plage, en somme.

Deon Meyer, 7 jours (Seven Days, 2012), Seuil Policiers, 2013. Traduit par Estelle Roudet.

Du même auteur sur ce blog :  13 heures ;  À la trace ; Kobra ;

Publié dans Noir africain

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