Tous les démons sont ici, de Craig Johnson

Publié le par Yan

C’est le début du mois de mai et, comme on est dans le Wyoming, ce n’est pas le printemps qui arrive, mais un violent blizzard. C’est aussi le moment où Walt Longmire et son adjoint Saizarbitoria doivent convoyer quelques prisonniers. Et en particulier Raynaud Shade, indien Crow sociopathe et tueur d’enfant qui semble s’amuser avec Walt. Mais le transfert ne se passe pas comme prévu. Shade s’enfuit avec ces codétenus et des otages et, étrangement, s’engouffre dans ce que le shérif Longmire sait être un cul-de-sac qui ne mène qu’à Cloud Peak, un des sommets les plus hauts des Bighorn Mountains. Mal équipé, de moins en moins en jeune, Longmire se lance donc seul à la poursuite des évadés.

Une fois encore Craig Johnson se renouvelle et joue à surprendre le lecteur. Pas d’enquête dans ce septième volume des aventures de Walt Longmire, et des personnages secondaires – ses adjoints, Henry Standing Bear – qui se trouvent relégués aux marges du roman.

Poursuite impitoyable, duel de géants, dans des paysages grandioses et glaciaux, Tous les démons sont ici, librement inspiré de la partie de la Divine Comédie de Dante consacrée à l’Enfer, est aussi pour le héros de Johnson un cheminement intime et, à partir d’un moment, ce qui ressemble bien à une quête spirituelle.

Et comme on est tout de même chez Walt Longmire, on a aussi droit pour le même prix à un thriller diablement bien construit et à une description des éléments et des paysages grandioses des Bighorn qui ne laissent pas de couper le souffle au lecteur. Jouant avec les nerfs de ses personnages, flirtant sans jamais devenir trop pressant avec le fantastique, Craig Johnson délivre là un de ses tout meilleurs romans, tendu, alliant finesse, rugosité, humour et suspense.

Craig Johnson, Tous les démons sont ici (Hell Is Empty, 2011), Gallmeister, 2015. Traduit par Sophie Aslanides. 316 p.

Du même auteur sur ce blog : Le camp des morts ; L’Indien blanc ; Enfants de poussière ; Dark Horse ; Molosses ;  Steamboat ; À vol d'oiseau ;

Publié dans Noir américain

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Simone 11/10/2015 18:57

Un des meilleurs, je trouve aussi.