Le revenant, de Michael Punke

Publié le par Yan

lerevenant1823. Hugh Glass fait partie d’une équipe de trappeurs de la Rocky Mountain Fur Company explorant les rives du Missouri afin d’implanter un fort et d’étendre ainsi le commerce des fourrures à l’ouest de la Frontière. Attaqué par un grizzly, Glass, grièvement blessé est laissé sur place par le gros de l’équipe avec deux hommes chargés de le veiller jusqu’à sa mort et de l’enterrer. Mais ces derniers, effrayés par la présence d’indiens Arikaras et pressés de partir, l’abandonnent bien vite. Se remettant malgré tout de ses blessures, Hugh Glass va dès lors survivre dans le seul but de retrouver ceux qui l’ont trahi.

S’inspirant de la bien réelle mésaventure de Hugh Glass venue depuis longtemps alimenter le réservoir de légendes de l’Ouest, Michael Punke romance l’histoire pour en faire un western de facture relativement classique dans lequel l’amateur trouvera une bonne part des marqueurs du genre : la vengeance de l’homme laissé pour mort, les attaques d’indiens, la chasse au bison ou encore l’inévitable partie de poker qui tourne mal.

L’intérêt essentiel de ce western est certainement l’époque choisie, qui n’est pas la plus couramment abordée dans le genre ; celle des trappeurs aventureux équipés de mousquets ou de fusils un peu plus modernes mais nécessitant encore poudre, bourre, amorces… loin des carabines à répétitions et des Colt Peacemaker auxquels le cinéma et la littérature nous ont habitué. Et l’on reconnaitra à Punke une belle capacité à dépeindre cette vie sur la Frontière et au-delà, ainsi que les relations complexes entre pionniers et indiens et au sein même des expéditions comme celles de la Rocky Mountain Fur Company.

Pour autant, Le revenant n’est certainement pas destiné à profondément marquer le genre. Premier roman de l’auteur, il souffre d’une narration parfois un peu plate et, notamment au début, de quelques longueurs dans la descriptions des trajectoires des protagonistes avant qu’ils se retrouvent sur les rives du Missouri ; récits qui, malgré leur longueur et sans doute à cause d’un côté un peu trop encyclopédique – il semble que Punke a aussi écrit des ouvrages historiques sur l’Ouest au XIXème s., et cela se sent – peinent à doter les personnages d’une réelle épaisseur. Et si c’est Hugh Glass le revenant, les autres personnages apparaissent plus comme des fantômes, des marionnettes posées là pour que l’auteur puisse tranquillement raconter son histoire.

Il n’en demeure pas moins que si l’on est bien loin par exemple de la profondeur et de la justesse du Lonesome Dove de Larry McMurtry ou, pour se placer dans une époque plus proche du Revenant, du Texas Forever de James Lee Burke, on passe néanmoins un agréable moment et il est indéniable que certains passages des aventures de Glass sont captivants. Bref voilà un honnête western, sans grand relief, certes, mais qui tient bien son rôle de roman d’aventures propre à vous faire voyager quelques heures.

Michael Punke, Le revenant (The Revenant, 2002), Presses de la Cité, 2014. Traduit par Jacques Martinache.

Publié dans Western et aventures

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Eeguab 18/10/2014 08:41

Je l'ai chrobiqué aussi. "Manque un peu de relief" est l'expression qui convient.