L'ange gardien, de Christa Faust

Publié le par Yan

Comme Money Shot, son précédent roman, L’ange gardien, de Christa Faust, fonctionne plus à l’énergie que sur un scénario en béton. Du béton, parlons-en, avec l’arrivée impromptue de Vic la Brique, ancien acteur porno qui tombe par hasard dans un dinner miteux de Yuma sur Angel Dare. Angel Dare, la quarantaine, elle aussi ancienne actrice de l’industrie du X, vit en cavale depuis ses précédentes aventures avec à ses trousses des messieurs très rancuniers. Ce ne sont pourtant pas eux qui débarquent ce soir-là et qui dézinguent sans autre forme de procès Vic la Brique, qui venait juste de présenter son fiston Cody – dix-huit ans, monté lui aussi comme un âne et rêvant dans une carrière de free fighter – à Angel. Commence dès lors une cavale entre Arizona et Nevada pour Angel, son nouveau petit protégé et Hank, entraîneur de Cody, ancienne gloire du combat libre au cerveau en purée.

Voilà pour le point de départ et les grandes lignes d’une histoire qui, donc, compte plus sur un rythme intense que sur la cohérence. En un peu moins de 240 pages, Christa Faust enchaîne fusillades, bastons, scènes de cul et dissimulations de cadavres sans jamais laisser souffler le lecteur et avec généralement un humour qui, s’il ne fait pas forcément dans la finesse, fonctionne plutôt bien. S’il n’est donc pas très vite abandonné sur le bord de la route, le lecteur n’a pas vraiment d’autre choix que de suivre avec, il faut bien le dire, un certain plaisir que l’on peut qualifier sans problème de primaire.

Car Christa Faust a beau mettre en arrière-plan un début de réflexion sur la commune exploitation des corps sur laquelle s’appuient l’industrie de la pornographie et celle du combat libre, c’est bien l’action brute qui est au cœur d’un roman qui, écrit par quelqu’un d’autre et en particulier par un homme passerait illico presto pour un livre réactionnaire au possible. Mais la romancière sait mettre en avant, sans fard et avec un sens à la fois de la provocation et de la manière de dire clairement les choses, comment son héroïne a décidé de disposer librement de son corps, sans pour autant éluder la manière insidieuse dont, ce faisant, elle devient parfois victime à peine consentante de la vie qu’elle a choisie.

Tout cela donne donc une nouvelle fois un polar bien bourrin – mais peut-être parfois un peu moins qu’il n’y paraît – au rythme très enlevé. Pas de quoi beaucoup donner à réfléchir, mais, à la manière de certains livres de Lee Child ou de Stephen Hunter (avec un tout petit moins de flingues et plus de sexe) de quoi passer un bon moment un peu régressif.

Christa Faust, L’ange gardien (Choke Hold, 2011), Gallmeister, 2018. Traduit par Christophe Cuq. 238 p.

Du même auteur sur ce blog : Money Shot ;

Publié dans Noir américain

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fatalitas1944 08/10/2018 09:09

pas de tension dans l'écriture, trop irréel alors les scènes sont vides.