Voix perdues ? Les voies perdues, de Pascal Dessaint et Philippe Matsas

Publié le par Yan

Le passage dans le Nord de la chronique d’hier, m’a opportunément rappelé qu’il fallait que je parle des Voies Perdues, beau livre de photographies de Philippe Matsas et de textes de Pascal Dessaint.

   LES VOIES PERDUESCes Voies Perdues, ce sont celles du chemin de fer qui desservait mines et usines du Nord du temps où la région n’avait pas encore été ravagée par le démantèlement et les délocalisations. Matsas et Dessaint reviennent le long de ces voies abandonnées dans les friches industrielles et sur lesquelles la nature reprend peu à peu ses droits.

                « Les voies se perdent désormais sous une végétation conquérante, comme on dirait sans scrupules, gourmande, opiniâtre et pénible. Ces voies conduisent à un pays qui s’est peut-être résigné aux regrets ».

Voies perdues mais aussi voix perdues, tant l’homme semble avoir lui aussi disparu du paysage. Absent, si ce n’est pas le biais de quelques silhouettes ça ou là sur les belles photos en noir et blanc de Philippe Matsas, il est pourtant omniprésent dans les courts textes de Pascal Dessaint, mélancoliques, nostalgiques, où s’entremêlent la fierté et une certaine forme de révolte.

                « Les gazettes glorifiaient le mineur. Le mineur était l’héritier d’une longue tradition de travail bien fait et de courage. Il était un élément essentiel de la prospérité du pays. Ce n’est pas un hasard pourtant si les mines fermèrent, si le désarroi s’installa durablement. Il ne faut pas écouter les flatteurs. Il n’y a rien qui dure ».

C’est là un ouvrage singulier qui vaut assurément que l’on s’y intéresse. En plus, en l’achetant, on donne un coup de main aux éditions Après la lune et on ajoute au plaisir de la lecture et de la découverte, celui de se rendre un peu utile.

« Ces rails sont une allusion à la folie d’un monde perdu.

Une espérance trahie. Un sentiment aléatoire, confus et douloureux.

Des cicatrices à vif. La peine qui va son chemin ».

 

Les éditions Après la lune, c’est par là.

Pour jeter un œil aux photos de Philippe Matsas, on peut aller là.

Pascal Dessaint, Philippe Matsas, Les voies perdues, Après la lune, 2011.

De Pascal Dessaint sur ce blog :  Le bal des frelons ; Maintenant le mal est fait ; Le chemin s'arrêtera là ;

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