Très dur à cuire : Vengeance, de Dan Simmons

Publié le par Yan

             Vengeance.jpgOn connait Dan Simmons essentiellement pour ses œuvres fantastiques ou de science-fiction comme Hypérion et L’échiquier du mal ou encore ses derniers romans, couronnés d’un certain succès, basés sur des faits réels (Terreur et le récent Drood). On parle moins de sa production de polars. Si L’épée de Darwin, histoire d’un expert d’assurances spécialisés dans la reconstitution d’accidents de voitures, a connu un succès d’estime, ses romans mettant en scène le privé Joe Kurtz me semblent avoir assez peu d’écho. À raison ?

 

                Dans Vengeance, premier volume de cette trilogie, on découvre donc Joe Kurtz, détective privé qui a réglé de manière expéditive sa dernière affaire portant sur le meurtre de son associée. Le roman s’ouvre d’ailleurs sur la scène particulièrement violente où Kurtz se trouve face au meurtrier et, après l’avoir mutilé, fini par le balancer du cinquième étage sur la voiture de police qui vient d’arriver. On l’aura compris, Dan Simmons n’a aucune envie de faire dans la dentelle.

                Onze ans plus tard, Joe Kurtz retrouve donc sa, de toute évidence, fidèle secrétaire et a tôt fait de se faire engager par un parrain de la mafia, Don Farino (si, si,Don Farino, on ne rigole pas, là-bas au fond), dont le comptable a disparu. Kurtz ne va pas avoir le loisir de flâner puisque la police le tient à l’œil, tout comme Don Farino – qui est d’un naturel méfiant – et une bande de tueurs qui lui collent aux basques. Tout cela n’est pas pour plaire à Joe Kurtz et, quand il n’est pas content…

 

                Lire les aventures de Joe Kurtz représente en fin de compte une expérience vraiment particulière. Osons la comparaison : c’est un peu comme de regarder un film de John Woo avec Jean-Claude Van Damme. L’histoire n’est pas crédible, les acteurs ne le sont pas plus, on voudrait que la morale soit inexistante, mais on doit bien se rendre à l’évidence qu’elle est bien là et qu’elle exhale quelques relents nauséabonds (dont on ne peut pas vraiment s’étonner lorsque l’on connaît certaines des positions politiques de l’auteur qui ont par ailleurs entraîné un rupture violente avec un de ses traducteurs :  http://www.actusf.com/spip/breve-2308.html).

                Ceci dit, il faut aussi se rendre à l’évidence : Dan Simmons connaît son boulot et, le fait que l’on est en train de lire une série B (ou plus si affinité, jusqu’à Z) acté, il est indéniable, que l’on peut se faire assez facilement prendre par le rythme de l’histoire (je n’ose pas parler d’intrigue), ses scènes d’action particulièrement violentes, et l’utilisation jusqu’à saturation des codes du polar hard boiled. Il en a été en tous cas ainsi pour moi  qui ai décidé de finalement prendre tout ça à la légère (histoire peut-être d’éviter de me poser quelques questions sur mon moi profond, allez savoir), et ai enchainé allègrement avec les deux volumes suivants, Revanche et Une balle dans la tête (tiens, je me disais bien que ma référence à John Woo…).

 

                Bref, des romans à lire après avoir rangé son cerveau. Ça peu détendre.

 

Dan Simmons, Vengeance, Éditions du Rocher, 2001. Rééd. Folio Policier, 2003. Traduit par Guy Abadia.

Publié dans Noir américain

Commenter cet article

Pierre FAVEROLLE 04/10/2011 20:49


Salut Yan, honnêtement, autant j'ai adoré L'échiquier du mal, autant j'ai essayé de lire un de ses romans noirs (dont je ne me rappelle plus le titre) sans succès. Je n'ai pas réessayé depuis. Je
passe.


Yan 04/10/2011 22:21



Je ne pense pas que tu y perdes grand chose...