Solarium, de Félix Bruzzone

Publié le par Yan

solarium.jpgTavo est piletero, nettoyeur de piscines, à Don Torcuato, une petite ville des environs de Buenos Aires.  Alors qu’il vient accomplir son travail dans une résidence, il entend un coup de feu, des gens qui courent… il fuit mais, très vite, se sent suivi. Quelque chose de louche s’est passé mais personne, et surtout pas la police, ne semble vouloir y prêter attention.

Le nettoyage de piscine, ce n’est pas la panacée quand on a une femme aigrie et un enfant handicapé dont on doit s’occuper. Et puis c’est dangereux. Yayo, le collègue de Tavo, en est mort et le Roi des rois, son patron, est parti. Si en plus on se trouve aux prises avec des tueurs, ça devient carrément invivable.

Solarium part dans tous les sens, au gré des pensées décousues de Tavo mêlant la réalité présente, les songes et les souvenirs. Le tout dans un langage métaphorique souvent étrange qui nous mène constamment à la limite de la folie. Ce soliloque ininterrompu et haché entraîne le lecteur à la suite du héros dans son errance entre le passé et le présent, ses rêves déçus et sa réalité angoissante. D’autant plus angoissante que Tavo, dans sa longue logorrhée, peut aussi bien se lancer dans ses considérations sur la meilleure façon d’éliminer les tâches vertes dans les piscines que sur la manière dont il se sent suivi et épié.

Hallucine-t-il ou est-ce ce qu’il vit qui lui fait perdre la tête ? Sous une chaleur accablante, dans une ville qui semble désertée en même temps qu’hostile tant le discours de Tavo est autocentré, on s’accroche et l’on essaie de suivre.

Et suivre Tavo, ce n’est pas toujours simple. Solarium tient de l’exercice stylistique – et l’on peut s’incliner devant le travail qu’a sans doute dû fournir Hélène Serrano, la traductrice – qui, parfois, se fait au détriment de la compréhension par le lecteur s’il se montre un peu inattentif. C’est aussi un portrait distordu de la société argentine, un drôle de roman, une curiosité.

Désarmant, déstabilisant, Solarium nécessitera que le lecteur accepte de se laisser embarquer et mener sans se poser de question. S’il donne cette adhésion, il fera un étrange voyage pas du tout désagréable bien que parfois ardu.

Félix Bruzzone, Solarium (Barrefondo, 2008), Asphalte, 2012. Traduit par Hélène Serrano.

Publié dans Noir latino-américain

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gridou 26/03/2012 09:44

aïe...c'est le genre de bouquin auquel je ne comprends rien...J'ai besoin de lectures bien terre à terre, claires et précises moi...
je zappe

Yan 26/03/2012 10:31



En effet, si tu cherches du terre à terre, il vaut mieux zapper.