Rétrospective Parker (10) : La demoiselle (une aventure de Grofield)

Publié le par Yan

               demoiselle Résumé des épisodes précédents. À la fin de Sous pression, Parker avait dû laisser Grofield, blessé par balle, dans un hôtel de Mexico avec sa part du butin avant de filer prendre quelques vacances et de se remettre au travail plus tôt que prévu (Travail aux pièces).

                Deux apparitions, dans Sous pression, donc, ainsi que dans En coupe réglée, ont suffit à transformer Grofield en personnage récurent des aventures de Parker. La personnalité atypique de ce braqueur-acteur particulièrement cabotin a de toute évidence séduit son auteur ou, à tout le moins, l’éditeur de ce dernier. Et Richard Stark de lancer avec La demoiselle les aventures de Grofield, parallèles à celles de Parker.

 

                Grofield se remet donc péniblement de sa blessure dans une chambre d’hôtel mexicaine lorsqu’une jolie fille atterrit littéralement chez lui, venue de l’étage supérieur où elle était retenue par trois hommes de main. Cette demoiselle, aussi agaçante que séduisante, réussit à convaincre Grofield de l’aider à se rendre à Acapulco où un complot est à l’œuvre contre le dictateur d’un petit État d’Amérique centrale.

 

                Après un début en fanfare vite pondéré par des dialogues pas toujours très intéressants et des situations peu originales, La demoiselle déroule mécaniquement son récit alternant considérations sur le complot à l’œuvre à Acapulco et scènes d’action où Grofield et sa protégée tentent d’échapper à leurs poursuivants. Histoire banale, inutilement compliquée par l’intrigue plutôt inintéressante qui met en scène le général Pozos et les comploteurs, cette aventure de Grofield ne vaut que pour certaines scènes d’action et quelques dialogues où l’humour nous fait entrevoir Westlake sous Richard Stark.

 

                En s’éloignant provisoirement de Parker pour centrer son intrigue sur un Grofield qui est, a priori, un personnage atypique et intéressant, Stark rate son coup. Grofield n’est pas Parker et Stark n’est pas Westlake. On se trouve donc face à un mélange des genres qui ne fonctionne pas sur la longueur et l’on sent que l’auteur peine à se dépêtrer de sa propre intrigue à la fois trop banale et trop emberlificotée.

                Au final, si l’on lit ce volume sans déplaisir, il manque de l’âpreté de Parker et du sel des romans de Westlake et apparaît plutôt fade. On a tôt fait de l’oublier.

 

Richard Stark, La demoiselle (The Damsel, 1967), Rivages/Noir, 1988. Traduit par Marie-Caroline Aubert.

 

Du même auteur sur ce blog : Comme une fleur, Peau neuve, Pour l’amour de l’or, La clique, En coupe réglée, Rien dans le coffre, Sous pression, Le septième homme,  Travail aux pièces ; Le divan indiscret ; Blanc-bleu noir ; La dame ; Un petit coup de vinaigre ; L'oiseau noir ; Planque à Luna-Park ; Les citrons ne mentent jamais ; Le défoncé ; Portraits gratis ; Signé Parker ; Comeback ; Backflash ; Flashfire ; Firebreak ; Breakout ; Demandez au perroquet ; Argent sale.

Publié dans Noir américain

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Serge 31 29/11/2011 00:08

Oui, mais un Stark mineur vaut mieux que... (formule consacrée livrée à la géométrie variable des goûts de chacun). Merci pour ce feuilleton, dont il me tarde de découvrir les épisodes suivants.
Mine de rien, tu redonnes là à la série un sacré halo d'intérêt (à quand une sortie en omnibus?...).

Yan 29/11/2011 06:22



Merci Serge. Je suis d'accord avec toi, et il me semble que j'ai dit peu ou prou la même chose à propos d'un autre Parker ; je n'échangerai pas un baril de Stark mineur contre deux barils de...
Et puis cette aventure de Grofield nous permet de voir en quelque sorte le work in progress et la difficulté qu'il peut y avoir à écrire sous pseudo. Par moment, on voit clairement
Westlake pointer son nez dans ce roman de Stark.