La vérité du mensonge : Un doux parfum de mort, de Guillermo Arriaga

Publié le par Yan

un-doux-parfum-de-mort.jpgÀ Loma Grande, village mexicain éloigné de tout, la jeune Adela est retrouvée poignardée dans un champ de sorgho. Nul ne sait ce qui s’est passé et ce ne sont certainement pas les rurales corrompus qui n’ont rien à gagner à enquêter sur cette affaire qui vont courir après le coupable.

Par contre les langues se délient vite… pour raconter n’importe quoi. Pour le plaisir de parler, d’imaginer ce qui aurait pu se passer. Bien vite Ramón l’épicier qui avait croisé quelques fois Adela va devenir pour tout le village son fiancé caché. S’en convaincant lui-même, il va finir par devoir venger son hypothétique dulcinée. Ça tombe bien, la rumeur a déjà trouvé un coupable acceptable.

Dans cette atmosphère étouffante d’une communauté renfermée sur elle-même, Guillermo Arriaga brosse une savoureuse galerie de portraits et, autour d’une intrigue basique, une réflexion un brin inquiétante sur ce qu’est la vérité. À Loma Grande, celui qui parle le premier est celui qui dit la vérité. Aux autres de s’y adapter. Ramón va ainsi apprendre qu’il était le fiancé secret d’Adela et va finir par s’en convaincre. Cette vérité fondée sur la rumeur a bien sûr de sombres conséquences.

Roman noir, roman d’ambiance, Un doux parfum de mort est aussi pétri d’un humour à la limite du burlesque et réserve quelques scènes inoubliables comme, par exemple, l’embaumement artisanal d’Adela. Ce livre court se déguste comme une friandise ou comme quelque chose qui ressemble à une friandise… on peut se convaincre que c’est une simple histoire légère ; c’est peut-être aussi un récit bien plus subtil.

Guillermo Arriaga, Un doux parfum de mort, Phébus, 2003. Rééd. Points Roman noir, 2008. Traduit par François Gaudry.

Du même auteur sur ce blog : L'escadron guillotine

Publié dans Noir latino-américain

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Jean-Marc Laherrère 12/08/2011 08:56


Et je ne saurais trop te conseiller l'humour très noir de L'escadron guillotine, encore meilleur à mon humble avis.


Yan 12/08/2011 09:25



Celui-là, il est dans ma pile et je l'ai gardé pour la bonne bouche pour les semaines qui viennent!



Ys 10/08/2011 21:55


J'ai aimé l'ambiance village et le drame quasi burlesque parfois, tu as raison. Et cette impression d'intemporalité (on pourrait être à bien des époques).


Yan 10/08/2011 22:59



Je n'avais effectivement pas fait très attention à cette notion d'intemporalité. Mais, effectivement, voilà une histoire qui pourrait avaoir lieu à n'importe quelle époque et en n'importe quel
lieu.