Hollywood au ras du bitume : Southland

Publié le par Yan

southland_s2.jpgL’arrivée de la saison 3 sur le bouquet Orange Ciné-séries est l’occasion de parler d’une série qui commence – enfin – à faire parler d’elle : Southland.

Créée en 2009 et produite en particulier par John Wells (Urgences), Southland nous amène à partager le quotidien de flics du secteur d’Hollywood. Si le personnage mis en avant dès le début de la série, est Ben Sherman, gosse de riche qui vient d’entrer dans la police et qui effectue son stage avec son instructeur, le particulièrement bourru John Cooper, on suit en fait plusieurs équipes de policiers tout au long des épisodes. Après une première saison où l’on passait d’un personnage à l’autre et  qui nous faisait découvrir une bonne partie du commissariat, les deux saisons suivantes se concentrent plus sur les trois duos principaux : Sherman et Cooper dans leur voiture de patrouille, Moretta et Bryant, inspecteurs spécialisés dans les affaires de gangs, et Lydia Adams et ses différents coéquipiers, détective qui s’occupe des affaires criminelles.

Comme pour Urgences, le spectateur se trouve embarqué avec les héros de la série, impression renforcée par l’usage maintenant courant de la caméra portée, et les suit dans des affaires d’envergures diverses, de la scène de ménage au meurtre. Souvent tragiques, parfois comiques, ces tranches de vie ne sont pas sans rappeler la trilogie « Hollywood » de Joseph Wambaugh.

Échec lors de sa diffusion sur la chaîne grand public NBC, la série a été abandonnée avant d’être reprise l’année suivante par la chaîne câblée TNT qui a donné récemment son accord pour le tournage d’une saison 4 et qui a notamment permis la disparition des bips qui venaient couvrir chaque insanité proférée (oh, pas plus de deux ou trois par phrase) dans la première saison.

Bien installée aujourd’hui, la série a trouvé son public et se révèle à l’usage assez addictive. Non seulement elle a gagné en fluidité, mais elle a aussi su trouver le bon équilibre qui fait que l’on en sait assez sur la vie personnelle de chacun des héros pour pouvoir éprouver une certaine empathie, sans que pour autant le scénario ne dérape trop du côté de la vie privée des personnages si cela ne vient pas influencer directement leur vie professionnelle.

 Southland n’est sans doute pas la grande série des années 2010 et n’a sans doute pas non plus l’intensité dramatique de The Shield si l’on reste à Los Angeles. Il n’en demeure pas moins qu’elle mérite sans conteste le détour.

Publié dans Séries

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Tannhauser 08/04/2012 22:46

Autant pour moi, j'avais du rater cet article... En cherchant sur votre blog j'ai vu aussi votre article sur Wambaugh, et je rejoins le commentaire de Pierre Bondi : mes préférés de cet auteur sont
aussi "Le mort et le survivant" et "La voix du sang" d'après des faits divers réels. Le premier sur le meurtre d'un flic en 1963 par deux criminels, et le deuxième sur la première enquête résolue
grâce à l'adn. Dommage qu'ils ne soient toujours pas réédités, Zanzibar voulait rééditer certains livres de Wambaugh avant de mettre la clé sous la porte hélas.

Yan 08/04/2012 23:21



Trois fois hélas! J'ai deux vieux Wambaugh dans ma pile (Soleils noirs et Le crépuscule des flics). Il faut que je les lise. J'essaie vainement de mettre la main sur Les
nouveaux centurions mais il est rare et, lorsqu'on le trouve, c'est souvent à un prix prohibitif. Les premiers épisodes de Southland m'ont vraiment fait penser au Hollywood de Wambaugh.
Tiens donc, je viens de mettre la main sur La voix du sang (éditions France Loisir, 1990).