Florida History X : Cadillac Beach, de Tim Dorsey

Publié le par Yan

 41HU1d7-AgLSerge A. Storms est de retour, et il est bourré de bonnes résolutions qu’il entend bien mettre en œuvre avec l’aide de son comparse Lenny, le presque sosie de Don Johnson :

             « créer ma nouvelle ligne de boissons énergisantes et la tester sur le marché, sauver de l’extinction les souris des marais de Loxahatchee, résoudre le mystère de la mort de mon grand-père, retrouver les diamants volés au cours du plus grand vol de bijoux jamais commis aux États-Unis, donner un coup d’arrêt aux activités de la Mafia en Floride du Sud, discréditer Castro sur la scène internationale, aider la Chambre de commerce à restaurer son image, rendre le respect qu’ils méritent à ces hommes et à ces femmes qui ont travaillé avec tant de courage pour les services de renseignements américains, faire revenir l’émission Today à Miami pour donner un coup de boost à la fierté et à l’économie locales, vivre mon époque à plein comme Robert Kennedy (si la météo le permet) et accomplir tout cela grâce à mon entreprise fondée sur les principes de la nouvelle économie, du respect de l’environnement, du développement spirituel et de la prise en compte de l’héritage historique. Tout ça par Internet, bien évidemment ».

                C’est un programme bien chargé, mais rien – ou presque – n’est impossible pour Serge qui va tenter de s’y tenir avec l’opiniatreté dont il est coutumier. Alors, bien sûr, ça va partir un peu dans tous les sens.

                Comme d’habitude, Tim Dorsey nous fait découvrir une autre facette de la Floride et une multitude de personnages tous plus déglingués les uns que les autres. Avec un petit changement toutefois. Là où, jusqu’à présent, il aimait à multiplier les histoires et les personnages parallèles qui finissaient par se joindre à la fin, Dorsey choisit cette fois de mener seulement deux histoires de front, à deux époques différentes : celle de l’entreprise de Serge de nos jours, et celle de Sergio, le grand-père de Serge, entre 1963 et 1964.

                Cela commence bien entendu sur les chapeaux de roues avec notamment une scène d’enlèvement organisée par des VRP en goguette et le rythme, dès lors, ne fait plus qu’accélérer pendant 400 pages avec, en particulier, une deuxième moitié de roman complètement débridée.

                C’est fou, ça part dans tous les sens et il serait bien téméraire d’essayer de vraiment s’y retrouver : « Avant qu’on n’ait dit ouf, on va se retrouver à Miami comme en 1964, emmêlés dans une immense conspiration tentaculaire qui laisserait Oliver Stone lui-même sur le cul » pense, à raison, l’agent Miller, du FBI. Et effectivement : FBI, Mohammed Ali, CIA, Beatles, guerilleros anticastristes, Les Experts Miami, VRP, James Bond, mafiosi, journaliste sportif, touristes du Michigan, chinois à chapeaux melons, sont de la partie. Du Oliver Stone, certes, mais avec une étincelle de talent en plus, et surtout de l’humour.   

                Aussi étonnant que cela paraisse, Tim Dorsey continue à se renouveler et à nous faire mourir de rire. Non seulement il y arrive, mais en plus il le fait de mieux en mieux. On aurait tort de s'en priver. 

Tim Dorsey, Cadillac Beach, Rivages/Noir, 2011. Traduit par Jean Pêcheux.

Du même auteur sur ce blog : Florida Roadkill, Hammerhead Ranch Motel, Orange Crush, Triggerfish Twist, Stingray Shuffle, Torpedo Juice ;

Publié dans Noir américain

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Serge 23/01/2015 19:54

- Ça va, Doug? Cest bon, Mick? La Ville et la Campagne, comment se porte la génération perdue?