DOA : Le serpent aux mille coupures

Publié le par Yan

21203454_2674468.jpgMoissac, Tarn-et-Garonne, son  abbatiale romane, ses vignes. Un viticulteur noir. Quelques viticulteurs sans doute jaloux et très clairement racistes qui voudraient le faire déguerpir. Des mafieux napolitains. Des trafiquants de drogue colombiens. Un mystérieux motard accidenté qui tue quelques-uns des narcos. Et tout cela qui se rejoint par une nuit pas si tranquille. Jusqu’à l’explosion.

En l’espace de 200 pages écrites dans un style sec, rapide, sans fioritures, qui tranche singulièrement avec ses non moins excellentes productions précédentes (en particulier Citoyens clandestins et La ligne de sang), DOA nous entraîne dans une histoire prenante, écrite comme un film d’action certes, mais qui n’est pas pour autant dénuée de sens et de réflexion. Il nous montre qu’en plus d’être un écrivain efficace et très bien documenté, il est aussi un talentueux styliste. Sans esbroufe, qui plus est, et dont le style sert vraiment son propos. Il montre à ceux qui en doutaient encore qu’il est un des grands du roman noir français actuel.

Je n’ai pas encore eu l’occasion de lire L’honorable société, coécrit avec Dominique Manotti, mais si j’en crois les critiques lues ici ou là, il ne fait que confirmer ce talent, tout comme celui de Manotti.

Envie d’une aventure rapide et intense ? Le serpent aux mille coupures. Et vous ne verrez plus jamais le Tarn-et-Garonne de la même manière.          

DOA, Le serpent aux mille coupures, Gallimard, Série Noire, 2009.

Du même auteur sur ce blog : La ligne de sang ; L'honorable société ; Pukhtu Primo ; Pukhtu Secundo ;

Publié dans Noir français

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Philippe 10/11/2015 13:47

Je viens de lire à la suite le troublant "La ligne de sang" et le dense "Citoyens clandestins", ce qui m'a rendu accroc à DOA.
Je commençai tout juste à ressentir les effets du manque et votre excellente chronique m'a convaincu de me procurer au plus vite ce "Serpent aux mille coupures".
Verdict, donc, dans 200 et quelques pages (un format étonnamment court pour un roman de DOA... ).

Yan 10/11/2015 13:52

Et ne passez pas à côté de Pukhtu.

christine 20/07/2011 18:24


Bonne chronique !!!
DOA est un auteur de talent, cash, qui va à l'essentiel sans manichéisme...
Bref : j'adore.


Yan 20/07/2011 18:50



Merci Christine. J'aime beaucoup DOA. Tu le dis très bien : il va à l'essentiel sans manichéisme. C'est tout à fait ça.