Delhi Noir

Publié le par Yan

delhi noirAprès Londres, Paris, Los Angeles, Rome, Brooklyn et Mexico, et en attendant Barcelone et Haïti, les éditions Asphaltes nous font faire un tour en Inde avec ce recueil de nouvelles consacré à Delhi.

Quatorze histoires ordonnées selon trois grandes parties dont les titres sont tirés de trois slogans publicitaires de provenances bien variées.

La première, « Avec vous, pour vous, toujours », devise de la police de Delhi, rassemble cinq nouvelles qui prennent, c’est le moins qu’on puisse dire, le contrepied de ladite devise. En effet, la police y apparait souvent trop absente et, lorsqu’elle est présente, travaille à préserver ses intérêts plus que ceux des citoyens.

La deuxième partie prend, elle, au pied de la lettre le slogan de Pepsi Cola, « Youngistan », en nous plongeant, cinq autres nouvelles durant, au cœur de la jeunesse qui se presse dans la deuxième métropole de l’Inde. Une jeunesse innocente par certains côtés, mais dont les illusions fondent très rapidement face à la réalité du monde dans laquelle elle est plongée.

La troisième partie, « Ville emmurée, ville du monde », du nom d’une campagne du Times of India,  insiste, tout au long de quatre nouvelles dont une s’aventure du côté de la dystopie, plus encore que les deux précédentes sur les clivages qui existent : clivages issus du système des castes, clivages religieux, clivages entre urbain et ruraux récemment installés.

Delhi Noir est une manière originale de découvrir l’Inde contemporaine avec un autre regard que celui, souvent très superficiel, que l’on peut y poser depuis chez nous. Non pas qu’il nous portera LA vérité sur Delhi, mais des vérités auxquelles la plupart d’entre-nous ne sont pas sensibles faute de connaitre suffisamment ce pays et sa culture (ou plutôt ses cultures). On a souvent l’impression troublante, vu de chez nous, que l’Inde, comme la Chine, est composée d’une immense foule impersonnelle. Ces quatorze nouvelles nous rappellent que cette foule est faite d’individus qui ont une vie sociale et qu’ils sont bien proches de nous en cela que, tout simplement, ils sont humains. Cette humanité, même dans une culture qui – comme le rappelle en introduction Hirsh Sawhney, qui a rassemblé les nouvelles – est très peu portée sur le genre policier, est un terreau fertile à des histoires d’une terrible noirceur.

Alors, certes, et c’est là le propre du recueil de nouvelles, tout ne se vaut pas, mais, indéniablement, voilà un voyage que l’on prend plaisir à entreprendre.

Delhi Noir (Delhi Noir, 2009), Asphalte, 2012. Traduit par Sébastien Doubinsky.

Publié dans Noir asiatique

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ONE MORE BLOG IN THE GHETO 09/05/2012 07:48

Hello Yan.
Toute opportunité pour sortir de temps en temps du triangle polardeux français/anglo-saxons/nordiques étant bonne à prendre, je vais suivre ton conseil et aller faire un petit tour du côté de
Delhi.
Amitiés

Yan 09/05/2012 12:45



Oui, ça fait du bien de sortir un peu du carré (j'y ajoute les hispaniques) et de découvrir autre chose. D'autant plus qu'il y a là-dedans de belles réussites.


Amitiés



Yan 08/05/2012 18:20

J'ai apprécié Mexico et attends Barcelone avec impatience.

Yan 08/05/2012 18:23



Moi, c'est Haïti que j'attends avec impatience. En tout cas, je ne vais pas tarder à m'attaquer aux autres villes noires qui viennent d'être rééditées en Folio (j'étais passé à côté).