De bien longues journées : Quatre jours avant Noël, de Donald Harstad
Fin décembre, à Battenberg, le shérif Carl Houseman est coincé dans une grange, littéralement assiégé. Comment a-t-il pu se trouver dans cette situation ?
Quelques jours plus tôt, non loin de là, un immigré colombien a été retrouvé, froidement exécuté au bord de la route. Puis ça été le tour d’un autre colombien de mourir empoisonné à la ricine. Trafic de drogue ? Terrorisme ? Les théories fleurissent et se heurtent et le FBI ne tarde d’ailleurs pas à débouler dans cette ville tranquille du Midwest.
« Surnommé le Michael Connelly du Middle West, Donald Harstad partage avec l’auteur du Poète un réalisme étonnant dû à plus de vingt ans passés dans la police de l’Iowa » nous indique l’éditeur au début du livre. On ne dira jamais assez de mal des comparaisons hâtives et des surnoms. Certes, Michael Connelly n’est plus forcément l’écrivain qu’il était lorsqu’il écrivait Le Poète et les premiers Harry Bosch. Mais quand même… Il est vrai toutefois que Donald Harstad fait preuve de réalisme, bien qu’ « étonnant » ne soit pas le premier qualificatif qui vienne à l’esprit en lisant Quatre jours avant Noël.
En effet, dans un style particulièrement pesant, l’ancien policier ne peut s’empêcher les digressions sur le travail de policier : on a tôt fait de tout savoir sur les problèmes de réception radio des voitures de police du Midwest, sur l’usure de leur pneus où le prélèvement puis l’identification erratique des empreintes digitales. Ces longues envolées de retraité bougon ont sans nul doute un effet cathartique pour Donald Harstad dont on devine qu’il a mal vécu les lenteurs administratives lorsqu’il exerçait encore dans le maintien de l’ordre.
Le problème est que ce qui apparaît comme un exutoire pour l’auteur devient bien vite particulièrement pesant pour le lecteur. La narration composée d’allers et de retours entre la situation du jour, qui voit Houseman assiégé dans sa grange, et les jours précédents, l’affichage de l’heure à chaque début de chapitre, au lieu de dynamiser l’action ne font que permettre au lecteur de prendre conscience du fait que le temps passe décidément très lentement.
La faute aussi à une intrigue trop tirée par les cheveux et à un style que l’on se contentera de qualifier, pour rester dans la thématique du roman, d’aussi lourd qu’une bûche à la crème au beurre qui arrive après une double ration de dinde aux marrons arrosée de ricine.
Peut-être suis-je un peu dur et que d’autres auront su déceler chez Donald Harstad une étincelle qui m’a échappée. Je serais en tout cas curieux de connaitre vos impressions si vous avez eu l’occasion de lire un roman de cet auteur.
Donald Harstad, Quatre jours avant Noël, Le cherche midi, 2008. Rééd. Points Policier, 2009. Traduit par Gilles Morris-Dumoulin.