David Vann : Sukkwan Island

Publié le par Yan

 787 g-a5583Sa présence au festival international du roman noir de Frontignan est l’occasion de parler aujourd’hui de David Vann et de son premier roman, Sukkwan Island.

Père absent, Jim décide de renouer des liens avec Roy, son fils de 13 ans. Pour cela, il décide l’amener se ressourcer avec lui sur une île du sud de l’Alaska, neuf mois durant, à des centaines de kilomètres du premier être humain. Sauf que. Jim n’est pas aussi doué qu’il le pense en matière de survie. Roy n’a pas vraiment envie d’être là. Tant et si bien que la vie ne va pas tarder à devenir un enfer pour tous les deux… jusqu’au drame.

Sukkwan Island à trouvé la maison idéale en étant accueilli chez Gallmeister. C’est en effet incontestablement un roman de « nature writing » et un roman noir. Très noir. Et serré (200 pages, pas plus). C’est aussi, sans doute, le roman le plus dérangeant que j’ai pu lire ces dernières années. David Vann nous amène là où l’on ne voudrait pas aller et pourtant, on le suit. Jusqu’au bout. Partagé entre la colère, la pitié et l’écœurement.  

 Autant dire qu’il ne s’agit pas d’un livre que l’on lit pour se détendre un peu après le travail. Ce n’est sans doute pas un chef-d’œuvre non plus (la faute à quelques longueurs ou plutôt lourdeurs, notamment dans la deuxième partie). Mais c’est incontestablement un roman dont il serait dommage de passer à côté.

David Vann, Sukkwan Island, Gallmeister, 2010. Traduit par Laura Derajinski.

Publié dans Noir américain

Commenter cet article

Nico 02/12/2012 11:22

En fait je ne reproche pas au roman de ne pas être léger mais de ne pas être nuancé. J'aime les écrivains qui sont capables de mêler passages durs et noirs et d'autres plus légers dans le même
roman (par exemple L'équilibre du monde de Mistry).

Nico 01/12/2012 19:37

Un roman qui m'a déçu, je l'ai trouvé trop noir, et même le style ne m'a pas convaincu. Dommage!

Yan 01/12/2012 19:53


En effet, si on recherche une histoire légère, c'est manqué. Quant au style, sans être novateur, il est à mon sens plus convaincant que le tout venant du roman noir ou du polar. C'est un roman qui
met mal à l'aise et dans lequel l'auteur ne cherche jamais à faire en sorte que le lecteur ait de l'empathie pour le personnage principal. Cela a sans doute beaucoup à voir avec l'histoire
personnelle de Vann qui a vécu le suicide de son père et ne le lui a jamais vraiment pardonné ainsi qu'il le confiait il y a quelques années au festival du roman noir de Frontignan. J'ai pour ma
part été emballé, mais je comprends aussi pourquoi il peut susciter ce rejet.


Guillome 03/08/2011 14:56


une vraie baffe pour moi ! je n'ai trouvé ni de lourdeurs, ni de longueur à ce roman que j'ai quand même été content de terminer tellement il devenait oppressant !


Yan 03/08/2011 15:05



Oppressant... c'est le moins qu'on puisse dire! Désolations sort en septembre et il s'annonce tout aussi sombre.



Ladislas 27/06/2011 18:48


Un roman, une claque, oui...
Pour moi un très grand roman...
Bonne lecture


Yan 27/06/2011 20:02



Ah! Oui! C'est le moins qu'on puisse dire. Le prochain David Vann s'intitule Desolation, il sortira en septembre, toujours chez Gallmeister, et j'ai cru comprendre qu'il était lui
aussi pas mal du tout!


Bonne lecture à toi.



Richard 21/06/2011 01:38


Tout à fait en accord avec toi !
Un superbe roman ... même si la 2e partie est très dérangeante !
Bonne journée !


Yan 21/06/2011 21:42



C'est le moins qu'on puisse dire!