L’été où tout arriva, de Bill Bryson

Publié le par Yan

Sortons un peu des sentiers battus et rebattus du polar (rassurez-vous, on retourne demain dans du très rebattu) pour une petite escapade vers l’été 1927.

Cet Été où tout arriva (il faut entendre par là « où tout arriva pour l’Amérique) que nous présente Bill Bryson, est en effet bien particulier. C’est l’été de la traversée de l’Atlantique puis de la tournée triomphante de Charles Lindbergh, du record de home-runs de Baba Ruth, de l’exécution de Sacco et Vanzetti, de l’apogée précédant la chute d’Al Capone, du début des travaux du Mont Rushmore, de la révélation au public du modèle AII de la Ford Company, après l’arrêt de la production du modèle T, du combat de boxe légendaire et controversé entre Jack Dempsey et Gene Tunney, de l’annonce par le président Calvin Coolidge qu’il ne se représenterait pas aux élections de 1928 ou encore des premières projections de films parlants.

Érudit et surtout bien équipé d’un humour pince sans rire, Bill Bryson raconte donc cet été exceptionnel pour les États-Unis, alors première puissance économique mondiale loin de se douter – quoi que – qu’elle mettrait un genou à terre deux ans plus tard à peine. Avec un sens inné du récit et un indéniable talent de conteur, Bryson s’attache donc à nous faire un amusant cours d’histoire alternative, accordant autant d’attention aux grands hommes (et femmes) qu’aux Américains moyens et leur donnant vie grâce à un sens aigu de l’anecdote parlante, frappante, et surtout drôle. Il aime aussi à aller regarder un peu dans les coulisses, nous dévoilant un Lindbergh comme insensible au danger, mais aussi totalement coincé, un Henry Ford à l’antisémitisme galopant, un Calvin Coolidge que l’on qualifiera pudiquement de « rêveur » et un Babe Ruth totalement désinhibé.

Tout cela s’enchaîne sans temps morts et peut se lire autant comme un roman que comme une petite encyclopédie dans laquelle on furète avec gourmandise. Bref, un moyen de parfaire sa culture générale en s’amusant qui s’appuie par ailleurs sur une épaisse bibliographie. Sérieux, donc - dans une certaine limite, Bryson n'est tout de même pas Howard Zinn -, mais surtout éminemment drôle.

Bill Bryson, L’été où tout arriva (One Summer America, 1927, 2013), Payot, 2018. Traduit par Hélène Hinfray. 590 p.

Publié dans Essais

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annick 16/08/2018 19:25

J'adore Bill Bryson et j'ai dévoré son bouquin. Très drôle, comme toujours