Les brûlures de la ville, de Thomas O'Malley et Douglas Graham Purdy

Publié le par Yan

C’est durant l’été 1954, trois ans après les événements contés dans Les morsures du froid, que l’on retrouve Dante Cooper et Cal O’Brien, les deux héros brisés de Thomas O’Malley et Douglas Graham Purdy. Dans Boston écrasée par la chaleur d’un été caniculaire, plusieurs petits truands américains d’origine irlandaise plus ou moins en lien avec des réseaux chargés d’approvisionner en armes l’IRA sont abattus. Dante, en délicatesse avec sa sœur tombée amoureuse d’un malfrat italien à la petite semaine et Cal, qui ne se remet pas de la mort de son épouse, sont sollicités par le beau-frère de ce dernier, Owen, chargé d’enquêter sur ces meurtres que sa hiérarchie semble vouloir classer au plus vite. Le duo va donc avoir à charge de laisser traîner ses oreilles dans le Boston irlandais à la recherche d’informations et, ce faisant, attirer l’attention d’un commando venu d’Irlande pour s’assurer qu’aucun obstacle ne viendra gêner le transport d’une précieuse cargaison d’armes à destination de l’armée républicaine irlandaise.

C’est sans surprise mais avec un réel plaisir que l’on se plonge de nouveau dans une nouvelle enquête du duo créé par O’Malley et Purdy. Les deux auteurs continuent à creuser l’intimité de leurs personnages principaux et de lever le voile sur leur histoire et, surtout, réussissent une nouvelle fois à donner chair à un lieu et à une époque. Le choix, une nouvelle fois, de s’appuyer sur une saison exceptionnelle d’un point de vue météorologique vient par ailleurs rendre plus palpable encore la sensation d’écrasement sous laquelle semble ployer les personnages du roman.

C’est là, ainsi que dans la description de l’organisation souterraine d’une communauté irlandaise qui ne se résout pas à couper les ponts avec son pays d’origine que réside une grande partie de la réussite de ce roman. Là, et aussi dans la manière dont O’Malley et Purdy jouent sans vergogne la carte d’une certaine violence poussée aux limites de la crédibilité – et qui les franchit d’ailleurs parfois allègrement – pour rythmer l’ensemble, assumant ainsi le statut de série B de cette suite de romans.

On pourra néanmoins regretter que l’intrigue s’efface derrière le décor et les scènes d’action. De fait, le lecteur, sans pour autant avoir besoin d’être un génie, comprend bien vite ce qui se trame et garde tout au long du roman un temps d’avance sur Dante Cooper et Cal O’Brien. C’est, on en conviendra, quelque peu gênant, dans le sens où les deux héros, malgré leurs failles ne sont pas présentés comme des idiots incapables de comprendre que deux et deux font quatre.

Cette prévention faite, on ne peut toutefois qu’admettre que Les brûlures de la ville, comme le volume précédent, est un polar que l’on prend un réel plaisir à lire, porté qu’il est par deux héros attachants, un décor extrêmement vivant et des scènes d’action saisissantes. Il faut juste ne pas vouloir y chercher plus qu’un agréable moment de lecture.

Thomas O'Malley et Douglas Graham Purdy, Les brûlures de la ville (We Were Kings, 2016), Éditions du Masque, 2017. Traduit par François Rosso. 411 p;  

Des mêmes auteurs sur ce blog : Les morsures du froid ;

Publié dans Noir américain

Commenter cet article

Guillome 02/01/2018 10:50

j'ai été agréablement surpris par leur premier roman, j'ai prévu celui-ci pour commencer l'année !

Yan 02/01/2018 11:05

Alors tu me diras ce que tu en auras pensé.

Jorrand 29/12/2017 10:58

J'aime beaucoup :)